Le plus souvent, nous sommes aveugles à l’horreur du temps. La narratrice en fait l’expérience pour la première fois à son arrivée à Montréal, dans l’appartement où elle s’isole de longs mois. Elle a ses joints, ses livres, ses cahiers, et elle écrit compulsivement, peut-être pour donner un sens à ce qui n’en a pas. Cette angoisse ne l’a jamais quittée. Dans des poèmes narratifs d’une limpidité à la fois prosaïque et hallucinée, elle tente de rendre compte de ces moments de grande solitude où l’anxiété et l’insomnie la paralysent : le corps est agité et amorphe, et l’esprit livré à ses obsessions, hanté par des images de fuite et de dissolution, de trajectoires à sens unique et de transformations irréversibles.